Créer une entreprise en France repose sur trois décisions et une démarche unique. Vous choisissez d’abord un statut juridique — micro-entreprise, entreprise individuelle ou société (EURL, SASU, SARL, SAS) — qui détermine votre responsabilité, votre fiscalité et vos cotisations. Vous réalisez ensuite l’immatriculation, obligatoirement en ligne via le Guichet unique géré par l’INPI depuis le 1ᵉʳ janvier 2023. Votre entreprise est alors inscrite au Registre national des entreprises (RNE) et, pour une société, au registre du commerce et des sociétés (RCS). Le coût va de quelques dizaines d’euros pour une micro-entreprise à plusieurs centaines d’euros pour une société ; le délai s’étend de quelques jours à quelques semaines. Ce guide détaille chaque étape, chaque statut, les coûts réels et les erreurs à éviter.
En résumé
Pour créer votre entreprise : 1) choisissez un statut adapté à votre projet et à votre niveau de risque ; 2) les formalités se réalisent sur le Guichet unique de l’INPI — une démarche que Mada Link Services peut effectuer à votre place ; 3) votre entreprise est immatriculée au RNE, puis au RCS s’il s’agit d’une société. Comptez environ 21,74 € pour une micro-entreprise commerciale et plusieurs centaines d’euros pour une société (greffe, annonce légale, capital). Délai courant : 2 à 15 jours ouvrés, davantage pour les activités réglementées. Chiffres au 19 juillet 2026, à vérifier auprès des sources officielles citées en fin d’article.
Qui peut créer une entreprise en France ?
Presque toute personne majeure peut créer une entreprise en France. Il faut disposer de sa capacité juridique, ne pas faire l’objet d’une interdiction de gérer et, pour certaines activités, remplir des conditions particulières (diplôme, qualification, autorisation).
Un mineur émancipé peut entreprendre, tout comme un salarié (sauf clause d’exclusivité ou obligation de loyauté envers son employeur). Les agents publics relèvent de règles spécifiques et doivent souvent obtenir une autorisation. Un ressortissant hors Union européenne doit généralement détenir un titre de séjour l’autorisant à exercer. Certaines professions (santé, droit, bâtiment, alimentation, transport…) sont réglementées et exigent un diplôme, une expérience ou une carte professionnelle.
💡 Avant toute démarche, vérifiez si votre activité est réglementée : cela conditionne les pièces à fournir et parfois l’accès même à la profession.
Quel statut juridique choisir ?
Le statut dépend de trois critères : entreprendre seul ou à plusieurs, le niveau de protection de votre patrimoine, et le régime fiscal et social souhaité. Il n’existe pas de « meilleur » statut dans l’absolu : le bon choix découle de votre projet, de vos revenus prévisionnels et de vos besoins d’investissement.
La micro-entreprise
La micro-entreprise n’est pas une forme juridique distincte : c’est un régime simplifié de l’entreprise individuelle. Les cotisations et l’impôt (sur option) se calculent en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, la comptabilité est allégée. C’est le format idéal pour tester une activité ou exercer une petite activité, tant que vous restez sous les plafonds de chiffre d’affaires (voir plus bas).
L’entreprise individuelle (EI)
Depuis le 15 mai 2022 (loi du 14 février 2022), l’entreprise individuelle bénéficie d’un statut unique plus protecteur : le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel sont séparés de plein droit, sans déclaration d’affectation. Vos biens personnels sont en principe protégés des créanciers professionnels. L’ancien régime de l’EIRL a été supprimé et n’est plus accessible aux nouvelles créations.
L’EURL et la SASU (sociétés à associé unique)
Pour entreprendre seul avec une responsabilité limitée aux apports, deux sociétés unipersonnelles existent. L’EURL (SARL à associé unique) relève par défaut de l’impôt sur le revenu (option possible pour l’impôt sur les sociétés) ; le gérant est travailleur non salarié (TNS). La SASU relève de l’impôt sur les sociétés ; son président est assimilé salarié, mieux couvert socialement mais avec des cotisations plus élevées.
La SARL et la SAS (à plusieurs associés)
Pour s’associer, la SARL offre un cadre légal encadré et rassurant (utile en famille) ; le gérant majoritaire est TNS. La SAS offre une grande souplesse statutaire (organisation, entrée d’investisseurs) ; le président est assimilé salarié. Ces deux formes limitent la responsabilité des associés au montant de leurs apports.
La SCI et la holding
La SCI (société civile immobilière) sert à détenir et gérer un patrimoine immobilier à plusieurs. La holding n’est pas un statut : c’est une société qui détient des parts d’autres sociétés, utile pour piloter plusieurs activités, faciliter une transmission ou optimiser la fiscalité de groupe (voir plus bas).
| Statut | Associés | Responsabilité | Fiscalité par défaut | Régime social du dirigeant |
|---|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | 1 | Patrimoine séparé (EI) | IR (micro, sur le CA) | Travailleur non salarié |
| Entreprise individuelle | 1 | Patrimoine séparé de plein droit | IR (option IS possible) | Travailleur non salarié |
| EURL | 1 | Limitée aux apports | IR (option IS) | TNS |
| SASU | 1 | Limitée aux apports | IS | Assimilé salarié |
| SARL | 2 à 100 | Limitée aux apports | IS (option IR limitée) | TNS (gérant majoritaire) |
| SAS | 2+ | Limitée aux apports | IS | Assimilé salarié |
IR = impôt sur le revenu · IS = impôt sur les sociétés · TNS = travailleur non salarié. Le régime réel peut varier selon les options retenues : faites-vous accompagner pour arbitrer.
👉 Ce choix mérite d’être approfondi : consultez notre guide dédié Quel statut juridique choisir pour son entreprise ? (comparatif détaillé micro, EI, EURL, SASU, SARL, SAS, SCI et holding).
Comment se déroule votre immatriculation avec Mada Link Services ?
Vous n’avez pas à affronter seul les formalités. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les démarches de création, de modification et de cessation passent exclusivement par le Guichet unique en ligne de l’INPI (l’ancien réseau des centres de formalités des entreprises, les CFE, a été supprimé). C’est précisément cette démarche que nous réalisons pour vous, de A à Z :
- Échange initial : nous cernons votre projet, votre activité et le statut le plus adapté à votre situation.
- Constitution du dossier : nous réunissons les pièces justificatives, rédigeons ou vérifions les statuts (pour une société) et organisons la domiciliation.
- Formalités officielles : nous effectuons l’immatriculation sur le Guichet unique de l’INPI et, pour une société, gérons l’annonce légale et le dépôt du capital.
- Suivi du dossier : nous assurons le lien avec les organismes concernés jusqu’à l’inscription au RNE (et au RCS pour une société).
- Livraison : vous recevez votre entreprise immatriculée — numéro SIREN/SIRET attribué par l’INSEE et, pour une société, l’extrait Kbis — sans y avoir passé de temps.
💡 Vous pouvez réaliser ces formalités vous-même sur le Guichet unique. Mais déléguer vous évite les erreurs de saisie, les allers-retours et les pièces manquantes qui rallongent les délais — et vous fait gagner un temps précieux pour lancer votre activité.
Quels documents faut-il fournir ?
Les pièces varient selon le statut. Dans tous les cas, prévoyez une pièce d’identité, un justificatif de domiciliation de l’entreprise et une déclaration de non-condamnation. Pour une société, s’ajoutent les statuts signés, l’attestation de dépôt du capital, l’attestation de parution de l’annonce légale et, si nécessaire, les justificatifs liés à une activité réglementée. Pour un micro-entrepreneur ou une entreprise individuelle, le dossier est plus léger : identité, domiciliation et informations sur l’activité suffisent généralement.
Combien coûte la création d’une entreprise ?
Le coût dépend directement du statut. Une micro-entreprise ou une EI coûte peu, voire rien pour une activité libérale. Une société implique des frais de greffe, une annonce légale et, souvent, un accompagnement.
| Statut | Frais officiels indicatifs | À prévoir en plus |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur / EI commerçant | ≈ 21,74 € (immatriculation RCS) | Éventuelle assurance, compte dédié |
| Micro-entrepreneur / EI libéral | Gratuit | Éventuelle assurance responsabilité |
| Société (SARL, SAS, EURL, SASU) | Émoluments du greffe + Bodacc + INPI | Annonce légale, dépôt du capital, rédaction des statuts, accompagnement |
Pour une société, comptez généralement plusieurs centaines d’euros de frais officiels et d’annonce légale, hors accompagnement et hors capital. Les tarifs réglementés des greffes sont fixés par arrêté (le dernier date du 26 février 2026) : consultez le détail à jour sur infogreffe.fr.
⚠️ Les montants officiels évoluent chaque année. Vérifiez toujours le tarif applicable au moment de votre démarche sur les sites officiels cités en fin d’article.
Quels délais faut-il prévoir ?
Comptez le plus souvent de 2 à 15 jours ouvrés entre le dépôt d’un dossier complet et l’immatriculation. Une micro-entreprise est généralement traitée en quelques jours. Une société demande plus de préparation en amont (statuts, capital, annonce légale). Les activités réglementées, les pièces manquantes ou une forte charge des greffes peuvent allonger ce délai. Anticiper la constitution du dossier reste le meilleur moyen de gagner du temps.
Micro-entreprise : plafonds et cotisations 2026
Pour rester en micro-entreprise, votre chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser certains seuils. En 2026, ces seuils ont été relevés :
- 203 100 € pour la vente de marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ;
- 83 600 € pour les prestations de services et les prestations d’hébergement ;
- en activité mixte, le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € au maximum pour les prestations de services.
Les cotisations sociales se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé. À titre indicatif, au 1ᵉʳ janvier 2026 : 12,3 % pour la vente de marchandises, et de l’ordre de 21 % à 26 % selon l’activité pour les prestations de services et les activités libérales. Ce barème est relevé progressivement par la réforme des cotisations des indépendants (2024-2026) : vérifiez le taux exact de votre activité sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
La micro-entreprise bénéficie par défaut de la franchise en base de TVA sous conditions de seuils, qui ont fait l’objet de discussions en 2025-2026 ; vérifiez les seuils en vigueur sur impots.gouv.fr. Enfin, l’aide ACRE (exonération partielle de cotisations la première année) évolue : à compter du 1ᵉʳ juillet 2026, l’exonération est réduite. Là encore, confirmez les modalités auprès de l’URSSAF.
Quelles erreurs fréquentes éviter ?
Quelques erreurs reviennent souvent chez les créateurs :
- Choisir la micro-entreprise à tort alors que l’activité suppose de gros investissements, beaucoup d’achats ou la récupération de la TVA.
- Négliger l’assurance : certaines activités imposent une responsabilité civile professionnelle ou une garantie décennale.
- Se tromper de code d’activité (APE/NAF), ce qui peut fausser vos obligations et votre convention collective.
- Sous-estimer les cotisations et la trésorerie nécessaire les premiers mois.
- Rédiger des statuts de société approximatifs, source de blocages entre associés.
- Oublier de vérifier si l’activité est réglementée avant de s’engager.
- Mélanger comptes personnel et professionnel, ce qui complique la gestion et les contrôles.
Faut-il créer une holding ?
Pas au démarrage, dans la plupart des cas. Une holding est une société qui détient des participations dans d’autres sociétés. Elle devient intéressante lorsque vous gérez plusieurs activités, préparez une transmission, ou souhaitez mutualiser des moyens et optimiser la fiscalité de groupe (par exemple via le régime mère-fille, sous conditions). C’est une décision de structuration à part entière, qui mérite un conseil personnalisé plutôt qu’une solution appliquée par défaut.
Comment Mada Link Services vous accompagne
Choisir un statut, rédiger des statuts de société, préparer un dossier sans erreur et le déposer au Guichet unique peut vite devenir chronophage. Mada Link Services accompagne les créateurs et dirigeants dans leurs démarches d’immatriculation (micro-entreprise, société, holding) et leur structuration, en Guadeloupe, dans les DOM et en France métropolitaine — sur place ou à distance. Vous gardez un interlocuteur unique, du choix du statut jusqu’à l’obtention de votre numéro d’immatriculation.
👉 Découvrez notre service Création & structuration d’entreprise, ou demandez un devis gratuit. Une question ? Contactez-nous.
Pressé de vous lancer ? Découvrez aussi notre offre clé en main « auto-entrepreneur + site web », immatriculation et site professionnel réunis.
Questions fréquentes
Peut-on créer une entreprise en étant salarié ou fonctionnaire ?
Oui dans la plupart des cas. Un salarié peut créer une entreprise, sauf clause d’exclusivité dans son contrat (limitée dans le temps) ou obligation de loyauté. Les agents publics sont soumis à des règles spécifiques et doivent souvent obtenir une autorisation de leur administration. Vérifiez votre situation avant de vous lancer.
Micro-entreprise ou société : que choisir pour débuter ?
La micro-entreprise convient pour tester une activité, avec des charges calculées sur le chiffre d’affaires et une comptabilité allégée. La société (EURL, SASU, SARL, SAS) devient pertinente dès que vous avez des investissements lourds, des associés, un besoin de récupérer la TVA ou de protéger davantage votre patrimoine. Le bon choix dépend de votre projet, pas d’une règle universelle.
Faut-il un capital minimum pour créer une société ?
Non pour la plupart des formes courantes : la SARL, la SAS, l’EURL et la SASU peuvent être créées avec un capital de 1 €. En pratique, un capital trop faible peut nuire à votre crédibilité auprès des banques et des partenaires. La SA reste soumise à un capital minimum de 37 000 €.
Un étranger peut-il créer une entreprise en France ?
Oui. Un ressortissant de l’Union européenne peut créer une entreprise dans les mêmes conditions qu’un Français. Un ressortissant hors UE doit généralement disposer d’un titre de séjour l’autorisant à exercer une activité (par exemple la carte « entrepreneur / profession libérale »). Renseignez-vous selon votre nationalité et votre lieu de résidence.
Faut-il un compte bancaire dédié ?
Une société doit déposer son capital sur un compte au moment de la création et disposer d’un compte professionnel. Le micro-entrepreneur doit ouvrir un compte bancaire dédié à son activité dès que son chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 € deux années de suite. Séparer ses flux personnels et professionnels reste recommandé dès le départ.
Peut-on créer son entreprise entièrement en ligne depuis les DOM ou l’étranger ?
Oui. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les formalités de création passent par le Guichet unique en ligne de l’INPI, accessible depuis la Guadeloupe, les autres DOM, la métropole ou l’étranger. Un accompagnement à distance est possible pour préparer le dossier, rédiger les statuts et éviter les erreurs de saisie.
Conclusion
Créer son entreprise en France est aujourd’hui plus simple grâce au Guichet unique, mais reste une décision structurante. Le bon réflexe : choisir le statut adapté à votre projet, préparer un dossier complet, et anticiper coûts, cotisations et obligations. Prochaine étape ? Clarifiez votre projet, puis faites-vous accompagner pour sécuriser chaque choix.
Sources officielles (consultées le 19 juillet 2026)
- INPI — Guichet unique des formalités et Registre national des entreprises
- INPI — Le Registre national des entreprises (RNE)
- Entreprendre.Service-Public.fr — Formalités de création d’entreprise
- URSSAF Auto-entrepreneur — Seuils de chiffre d’affaires 2026
- Bpifrance Création — Nouveau statut unique de l’entreprise individuelle
- Infogreffe — Tarifs des formalités